Chirurgie bariatrique : quelles options pour traiter l’obésité sévère ?
- VISCÉA

- 13 janv.
- 4 min de lecture
L’obésité sévère est une maladie chronique qui touche de plus en plus de personnes dans le
monde. Elle ne se limite pas à une simple question de poids : elle s’accompagne souvent de
complications comme le diabète, l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil ou encore
des douleurs articulaires.
Lorsque les régimes alimentaires, l’activité physique et les traitements médicaux ne
suffisent plus, la chirurgie bariatrique peut être proposée. Elle représente une option
efficace et durable pour favoriser une perte de poids significative et améliorer la santé
globale.
Mais quelles sont les véritables indications de la chirurgie de l’obésité ? Quels bénéfices
peut-on en attendre ? Comment se déroule le suivi après l’opération ? Cet article fait le point
sur la chirurgie bariatrique et son rôle dans le traitement de l’obésité sévère.

Qu’est-ce que la chirurgie bariatrique ?
La chirurgie bariatrique regroupe plusieurs techniques chirurgicales qui modifient le
système digestif afin de réduire l’apport alimentaire et/ou l’absorption des nutriments.
Contrairement à un régime, elle agit sur la physiologie et permet un changement durable.
Les principales techniques sont :
- La sleeve gastrectomie : réduction de la taille de l’estomac.
- Le bypass gastrique : dérivation qui réduit l’estomac et court-circuite une partie de
l’intestin.
- L’anneau gastrique ajustable (moins utilisé aujourd’hui).
Ces interventions ne sont pas choisies au hasard : le chirurgien les adapte au profil médical
et psychologique du patient.
Quand envisager une chirurgie de l’obésité ?
La chirurgie bariatrique est proposée lorsque :
- L’IMC (indice de masse corporelle) est supérieur à 40 kg/m², ou supérieur à 35 kg/m²
avec une maladie associée (diabète, hypertension, apnée du sommeil…).
- Les tentatives de perte de poids par régimes et suivi médical n’ont pas permis de résultats
durables.
- Le patient est motivé et prêt à s’engager dans un suivi à long terme.
La décision n’est jamais prise à la légère : elle nécessite une évaluation multidisciplinaire
(chirurgien, nutritionniste, psychologue, endocrinologue).
Quels sont les bénéfices de la chirurgie bariatrique ?
Perte de poids durable
- La perte de poids moyenne est de 50 à 70 % de l’excès pondéral dans les 2 ans suivant
l’intervention.
- Cette perte est généralement maintenue si le suivi médical et nutritionnel est bien
respecté.
Amélioration des maladies associées
- Diabète de type 2 : amélioration, voire rémission dans de nombreux cas.
- Hypertension artérielle : baisse significative de la tension.
- Apnée du sommeil : nette réduction des épisodes d’apnée.
- Douleurs articulaires : soulagement grâce à la diminution du poids.
Qualité de vie
- Meilleure mobilité.
- Amélioration de l’estime de soi.
- Diminution du risque de cancers et d’événements cardiovasculaires.
La chirurgie bariatrique n’est donc pas seulement une chirurgie du poids, mais une
chirurgie de la santé.
Comment se déroule l’intervention ?
La préparation
Avant l’opération, un parcours préopératoire de plusieurs mois est indispensable :
- Consultations nutritionnelles.
- Suivi psychologique.
- Bilan endocrinologique et cardiologique.
- Réunions d’information sur la chirurgie.
L’opération
- Réalisée le plus souvent par coelioscopie (technique mini-invasive).
- Dure entre 1 et 3 heures selon la technique.
- Hospitalisation de 2 à 5 jours.
Quelles sont les suites après une chirurgie bariatrique ?
La récupération immédiate
- Reprise de la marche rapide pour éviter les phlébites.
- Alimentation liquide puis mixée avant le retour progressif aux aliments solides.
- Douleurs modérées, bien contrôlées.
La convalescence
- Arrêt de travail de 2 à 4 semaines.
- Reprise progressive de l’activité physique.
- Suivi médical rapproché au début.
Le suivi à long terme : une clé de réussite
La chirurgie n’est pas une solution miracle. Elle doit s’accompagner d’un suivi médical et
nutritionnel strict.
Suivi médical régulier
- Consultations avec le chirurgien et le nutritionniste.
- Bilan sanguin pour prévenir les carences (fer, vitamines, calcium).
- Surveillance du poids et de la santé métabolique.
Rééducation alimentaire
- Manger lentement, en petites quantités.
- Éviter le grignotage et les aliments trop sucrés.
- Fractionner les repas.
Activité physique
- Indispensable pour stabiliser la perte de poids.
- Adaptée aux capacités du patient (marche, natation, vélo).
Le succès repose sur l’engagement du patient dans ce nouveau mode de vie.
Quels sont les risques et limites de la chirurgie bariatrique ?
Risques opératoires
- Complications chirurgicales (hémorragie, infection, fuite digestive).
- Thrombose veineuse (prévenue par anticoagulants et mobilisation rapide).
Risques à long terme
- Carences nutritionnelles si le suivi n’est pas rigoureux.
- Reprise de poids possible si les règles alimentaires ne sont pas respectées.
Limites
- La chirurgie n’agit pas seule : elle doit être associée à une hygiène de vie adaptée.
- Elle ne convient pas à tous les patients (contre-indications médicales ou psychiatriques).
Innovations en chirurgie bariatrique
- Chirurgie robot-assistée pour plus de précision.
- Nouvelles techniques endoscopiques moins invasives (gastroplicature endoscopique).
- Programmes de suivi numérique (applications, téléconsultations).
Conclusion : faut-il envisager une chirurgie bariatrique ?
La chirurgie bariatrique est une option efficace et durable pour traiter l’obésité sévère et
améliorer la santé globale. Elle permet une perte de poids importante et une amélioration
des maladies associées, à condition d’un engagement fort du patient dans un suivi médical
et nutritionnel.
Si vous souffrez d’une obésité sévère et que les régimes n’ont pas suffi, il est essentiel de
consulter un chirurgien digestif. Celui-ci pourra vous expliquer les différentes options, les
bénéfices et les contraintes, et t’accompagner dans un parcours personnalisé.
Chaque patient est unique : prendre rendez-vous en consultation permet de bénéficier d’un avis personnalisé et d’une prise en charge adaptée.



