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Cancer colorectal : quelle place pour la chirurgie digestive ?

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    VISCÉA
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Le cancer colorectal est aujourd’hui l’un des cancers les plus fréquents en France. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux cas sont diagnostiqués. Malgré cette fréquence élevée, les progrès réalisés ces dernières années ont profondément transformé la prise en charge des patients. Grâce au dépistage organisé, à l’amélioration des techniques d’imagerie, au développement des traitements oncologiques et aux avancées de la chirurgie digestive, les chances de guérison sont aujourd’hui particulièrement élevées lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade précoce.


Pour de nombreux patients, l’annonce d’un cancer colorectal soulève de nombreuses questions :


  • Faut-il obligatoirement être opéré ?

  • Quelle est la place de la chimiothérapie ?

  • Comment se déroule l’intervention ?

  • Vais-je avoir une stomie ?

  • Quelles sont les chances de guérison ?


La chirurgie digestive demeure le pilier du traitement du cancer colorectal. Elle s’intègre cependant dans une prise en charge globale et personnalisée, élaborée par plusieurs spécialistes afin d’offrir à chaque patient la stratégie thérapeutique la plus adaptée.


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Cancer colorectal : quelle place pour la chirurgie digestive ?

Qu’est-ce que le cancer colorectal ?

Le cancer colorectal se développe à partir des cellules qui tapissent la paroi interne du côlon ou du rectum.

Dans la majorité des cas, il apparaît progressivement à partir d’un polype adénomateux. Ces polypes sont des lésions bénignes qui peuvent évoluer lentement pendant plusieurs années avant de devenir cancéreuses.


Cette évolution généralement lente constitue une opportunité majeure :


lorsqu’un polype est identifié et retiré lors d’une coloscopie, il est souvent possible d’éviter totalement l’apparition du cancer.


Le cancer colorectal peut toucher l’ensemble du côlon :


  • côlon droit

  • côlon transverse

  • côlon gauche

  • sigmoïde

  • rectum


La localisation de la tumeur influence directement les symptômes, les traitements proposés et la stratégie chirurgicale.


Quels sont les facteurs de risque du cancer colorectal ?

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un cancer colorectal.


L’âge

L’âge constitue le principal facteur de risque.

La majorité des cancers colorectaux surviennent après 50 ans, ce qui explique la mise en place du dépistage organisé dans cette tranche d’âge.


Les antécédents familiaux

Le risque augmente lorsqu’un parent du premier degré a présenté :


Dans ces situations, une surveillance spécifique est généralement recommandée.


Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin

Les patients atteints de :


  • maladie de Crohn

  • rectocolite hémorragique


présentent un risque accru de cancer colorectal nécessitant un suivi endoscopique régulier.


Les habitudes de vie

Certains facteurs environnementaux sont également impliqués :


  • tabagisme

  • consommation excessive d’alcool

  • sédentarité

  • surpoids

  • alimentation pauvre en fibres et riche en viandes transformées


Quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Le cancer colorectal peut évoluer longtemps sans provoquer de symptômes.


Lorsqu’ils apparaissent, les signes les plus fréquents sont :


  • présence de sang dans les selles

  • modification récente du transit intestinal

  • diarrhée ou constipation inhabituelle

  • douleurs abdominales persistantes

  • sensation d’évacuation incomplète

  • fatigue liée à une anémie

  • perte de poids involontaire


Ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer colorectal mais doivent conduire à une consultation médicale.


Pourquoi le dépistage est-il essentiel ?

Le dépistage constitue aujourd’hui le moyen le plus efficace de diminuer la mortalité liée au cancer colorectal.

Le test immunologique recherche la présence de sang invisible dans les selles.

Simple à réaliser à domicile, il permet :


  • de détecter des cancers à un stade précoce ;

  • d’identifier des polypes avant leur transformation ;

  • d’augmenter significativement les chances de guérison.


En cas de test positif, une coloscopie est réalisée.


La coloscopie permet :


  • d’explorer l’ensemble du côlon

  • de réaliser des biopsies

  • de retirer certains polypes

  • d’établir un diagnostic précis


Cancer colorectal pourquoi le dépistage est-il essentiel ?

Quels examens sont nécessaires avant une intervention chirurgicale ?

Lorsqu’un cancer colorectal est diagnostiqué, plusieurs examens sont réalisés afin d’évaluer précisément l’extension de la maladie.


Le scanner thoraco-abdomino-pelvien

Il permet de rechercher d’éventuelles métastases au niveau :


  • du foie

  • des poumons

  • des ganglions


L’IRM rectale

Pour les cancers du rectum, cet examen est indispensable afin d’évaluer :


  • la profondeur de la tumeur

  • les rapports avec les structures voisines

  • l’atteinte ganglionnaire


Le bilan biologique

Il permet notamment d’évaluer l’état général du patient et de doser certains marqueurs tumoraux comme l’ACE.

L’ensemble de ces données permet de définir la meilleure stratégie thérapeutique.


Pourquoi chaque dossier est-il discuté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire ?


Aujourd’hui, aucun traitement du cancer colorectal n’est décidé par un seul médecin.

Chaque dossier est présenté en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).


Participent notamment :


  • chirurgiens digestifs

  • gastro-entérologues

  • oncologues médicaux

  • radiothérapeutes

  • radiologues

  • anatomopathologistes


Cette approche multidisciplinaire garantit une prise en charge conforme aux recommandations les plus récentes.


Pourquoi la chirurgie reste-t-elle le traitement de référence ?

Pour les cancers colorectaux localisés, la chirurgie constitue le seul traitement permettant une guérison complète.


L’objectif est de retirer :


  • la totalité de la tumeur

  • les marges de sécurité

  • les ganglions lymphatiques associés


L’analyse anatomopathologique de la pièce opératoire permet ensuite de déterminer précisément le stade de la maladie et la nécessité éventuelle d’un traitement complémentaire.


Quelles interventions peuvent être réalisées ?

Le type d’intervention dépend de la localisation de la tumeur.


Cancer du côlon droit

Une colectomie droite est réalisée.


Cancer du côlon gauche

Une colectomie gauche peut être proposée.


Cancer du sigmoïde

Une sigmoïdectomie est réalisée.


Cancer du rectum

La chirurgie rectale nécessite une expertise spécifique afin d’obtenir le meilleur résultat carcinologique tout en préservant les fonctions urinaires, sexuelles et digestives.


La chirurgie est-elle toujours réalisée par coelioscopie ?

Dans la majorité des cas, oui.

La chirurgie laparoscopique est devenue la technique de référence.


Ses avantages sont nombreux :


  • moins de douleurs postopératoires

  • récupération plus rapide

  • diminution des complications pariétales

  • reprise précoce de l’alimentation

  • cicatrices plus discrètes


Certaines situations complexes peuvent toutefois nécessiter une chirurgie ouverte.


Une stomie est-elle systématique ?

La crainte de devoir porter une poche digestive est fréquente.

Heureusement, la majorité des interventions colorectales peuvent être réalisées sans stomie définitive.

Lorsque celle-ci est nécessaire, elle est souvent temporaire et destinée à protéger une anastomose digestive pendant sa cicatrisation.

Le chirurgien explique systématiquement cette éventualité avant l’intervention.


Comment se déroule la récupération après chirurgie ?

Les protocoles de récupération améliorée après chirurgie (RAAC) ont profondément modifié les suites opératoires.


Leurs objectifs sont :


  • diminuer les complications

  • raccourcir l’hospitalisation

  • favoriser une récupération rapide


Ils reposent notamment sur :


  • une mobilisation précoce

  • une reprise rapide de l’alimentation

  • une gestion optimisée de la douleur

  • une limitation des perfusions et drains inutiles


Grâce à ces protocoles, la plupart des patients retrouvent rapidement leur autonomie.


Une chimiothérapie est-elle toujours nécessaire ?

Non.

Certaines tumeurs précoces sont guéries par la chirurgie seule.

Dans d’autres situations, une chimiothérapie adjuvante peut être recommandée afin de réduire le risque de récidive.

Pour certains cancers du rectum, une radiothérapie ou une radiochimiothérapie peut également être proposée avant l’intervention.

La stratégie est toujours adaptée aux caractéristiques de chaque patient.


Peut-on opérer un cancer colorectal avec métastases ?

Contrairement à certaines idées reçues, la présence de métastases n’exclut pas systématiquement la chirurgie.


Lorsque les métastases sont limitées, notamment au foie ou aux poumons, une stratégie combinant :


  • chirurgie

  • chimiothérapie

  • traitements locaux peut permettre d’obtenir des résultats remarquables.


La chirurgie hépatique des métastases colorectales constitue aujourd’hui un élément majeur de la prise en charge de certains patients.


Comment se déroule la surveillance après traitement ?

Le suivi permet de détecter précocement une éventuelle récidive.


Il comprend généralement :


  • des consultations régulières

  • des prises de sang

  • des scanners

  • des coloscopies de surveillance


Cette surveillance est essentielle pour maintenir les meilleures chances de guérison à long terme.


Quelles sont les chances de guérison aujourd’hui ?

Les résultats obtenus sont excellents lorsque le diagnostic est précoce.

Pour les cancers localisés opérés à un stade précoce, les taux de guérison dépassent fréquemment 90 %.

Même dans certaines formes plus avancées, les progrès thérapeutiques permettent aujourd’hui d’obtenir des survies de plus en plus longues et parfois une guérison complète.


Conclusion : pourquoi consulter rapidement un chirurgien digestif ?

Le cancer colorectal est une maladie fréquente mais dont le pronostic s’est considérablement amélioré grâce au dépistage, à la chirurgie mini-invasive et aux traitements modernes.


La chirurgie digestive demeure la pierre angulaire du traitement et représente, dans la majorité des cas, la meilleure chance de guérison. Plus le diagnostic est précoce, plus les possibilités thérapeutiques sont importantes et plus les résultats sont favorables.


Si vous présentez des symptômes digestifs persistants, un test de dépistage positif ou la découverte d’un polype lors d’une coloscopie, n’attendez pas pour consulter. Une évaluation spécialisée permettra de mettre en place rapidement une prise en charge personnalisée et adaptée à votre situation.


Chaque patient est unique : prendre rendez-vous en consultation permet de bénéficier d’un avis personnalisé et d’une prise en charge adaptée.

 
 
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